Les fondements de la Foi du Musulman

 

 

Question

Je souhaiterais simplement obtenir une explication claire et accessible des croyances fondamentales qu’un musulman doit avoir concernant Dieu, Son Messager – la grâce divine et la paix sur lui -, et d’autres sujets essentiels.

Je me sens parfois confus à cause des différents groupes (sunnite, chiite, salafiste, etc.) qui donnent des avis variés. J’aimerais donc une explication simple mais complète, sans entrer dans les preuves détaillées, qui soit suffisante pour qu’un musulman puisse être guidé vers le salut dans l’au-delà. Que Dieu vous récompense.

 

Réponse

Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très miséricordieux,

Avant d’exposer certains principes fondamentaux de la foi qu’un musulman doit connaître, il convient de souligner que tout ce qui est décrit comme faisant partie de la croyance (ʿaqīdah) n’est pas nécessairement d’ordre primaire ni obligatoire pour être musulman. De nombreux sujets de croyance, souvent sources de débats, sont considérés comme secondaires et ne font pas partie des piliers essentiels de l’islam. Ainsi, un musulman peut ne pas les connaître sans que sa foi soit entachée.

Certains sujets ne sont même pas considérés comme faisant partie de la croyance, comme l’invocation de Dieu par entremise (tawassul) ou la célébration de la naissance du Messager de Dieu (mawlīd) – la grâce divine et la paix sur lui.

Différents niveaux de certitude dans la croyance

Tous les sujets de croyance ne sont pas du même niveau. Certains sont établis par des textes certains (qaṭʿī) du Coran et de la Sunna, d’autres reposent sur des textes présomptifs (ẓannī), et certains encore sont fondés sur les déclarations des premiers grands savants, utilisant une déduction rigoureuse des textes sacrés. Leur degré de certitude varie donc, et en conséquence, leur statut diffère selon la manière dont ils ont été établis.

Nier un sujet établi par un texte certain constitue de la mécréance (kufr), par exemple nier le sceau de la prophétie. Nier un sujet établi par un texte présomptif n’est pas considéré comme de la mécréance, mais comme une déviation. Parfois, il s’agit simplement de s’écarter de la méthodologie correcte suivie par les musulmans traditionnels, comme ne pas suivre l’une des quatre écoles de jurisprudence (madhāhib) pour un non-mujtahid. Il est donc important de ne pas mettre toutes les questions liées à la ʿaqīdah dans une seule catégorie.

Les principes fondamentaux de la foi du musulman

En gardant à l’esprit ces distinctions, voici une liste des croyances fondamentales, présentées de manière concise et accessible, sans entrer dans les détails complexes, pour le musulman souhaitant se concentrer sur l’essentiel et éviter les polémiques : 

1. L’Unicité de Dieu (Tawḥīd)

Dieu, le Très-Haut, est Un et Unique. Il n’a ni partenaire, ni égal, ni parent, ni enfant, ni assistant. Il est Un dans Son Essence (dhāt), Ses Attributs (ṣifāt) et Ses Actes (af‘āl). Il est le Seigneur de toute chose, Il crée, contrôle, gère, maintient, accomplit le bien comme le mal et guérit. Lui seul mérite nos adorations, nos invocations et nos prières. Dieu est Éternel, sans commencement ni fin. Il possède tous les Attributs (ṣifāt) de perfection et est totalement exempt de tout défaut ou imperfection. Rien en Sa création ne Lui ressemble, et Il ne ressemble en à Sa création. Dieu est absolument indépendant, Il n’a besoin de personne ni de rien, tandis que tout et tous dépendent de Lui, y compris le temps et l’espace, car Il n’en est ni limité ni confiné. Aucune créature – qu’il s’agisse d’un Prophète, d’un ange, d’un saint ou d’un autre être – ne peut égaler Dieu dans Ses Attributs. Sa Puissance, Sa Volonté et Sa Science ne sont comparables à aucune créature. 

2. Les prophètes

Tous les Prophètes et Messagers, y compris les 25 mentionnés dans le Coran et d’autres, sont des hommes vertueux et de sincères serviteurs de Dieu, envoyés pour guider l’humanité. Ils sont infaillibles (ma‘ṣūm), véridiques, dotés de discernement et ayant fidèlement transmis le message qui leur a été confié.

Le Prophète Muḥammad – la grâce divine et la paix sur lui – est le maître (sayyid) de tous les Prophètes et le meilleur de toute la création, tout en restant serviteur (‘abd) de Dieu. Il a reçu davantage de connaissances que quiconque, y compris sur l’invisible, tel que les événements de l’au-delà, mais sa science demeure incomparable à celle de Dieu.

Le Prophète Muḥammad – la grâce divine et la paix sur lui – est le dernier des Prophètes (khātam al-anbiyā). Toute prétention à la prophétie après lui constitue une mécréance. Quiconque refuse de l’accepter comme dernier Prophète quitte complètement l’islam. Croire qu’un autre Prophète pourrait apparaître après lui est de la mécréance (kufr).

Après leur mort, les prophètes vivent dans un état particulier, où la connexion de leur âme à leur corps est plus forte que celle des autres humains. Les détails précis de cet état ne sont connus que de Dieu.

3. Les anges

Les anges sont créés à partir de lumière (nūr). Ils adorent Dieu en permanence et accomplissent diverses missions, telles que transmettre la révélation, prendre les âmes et enregistrer les actions des êtres humains. Ils ne commettent jamais de péchés et ne possèdent ni caractéristiques masculines ni féminines. Ils ont également la capacité de prendre différentes formes afin d’accomplir les tâches qui leur sont confiées.

4. Les Livres Révélés

Tous les livres et feuillets (ṣuḥūf) révélés aux Prophètes sont authentiques dans leur forme originale, y compris les quatre principaux : Zabūr, Tawrāh, Injīl et le Noble Qur’ān. Le Coran révélé au Prophète – la grâce divine et la paix sur lui – est la Parole de Dieu. Rejeter ne serait-ce qu’un verset, un mot ou une lettre constitue un acte de mécréance (kufr).

5. La Vie après la Mort et le Jugement

La résurrection et la vie après la mort existent, avec récompense et châtiment le Jour du Jugement. Le Paradis et l’Enfer sont des réalités.

6. La Prédestination et le Libre-Arbitre

Tout est prédéterminé par Dieu, qu’il soit bon ou mauvais, selon Sa Volonté. Nous avons néanmoins le libre-arbitre et sommes responsables de nos actes.

7. Les compagnons et les pieux serviteurs

Les Compagnons (ṣaḥābah) du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui –, y compris sa famille, occupent la place la plus noble après les Prophètes. Dieu leur pardonne toute erreur qu’ils auraient pu commettre, et Il est satisfait d’eux, tout comme ils sont satisfaits de Lui. Les aimer fait partie intégrante de la foi, tandis que les haïr constitue une transgression.

Tous les pieux serviteurs de Dieu, qu’il s’agisse de saints, de savants du ḥadīth ou de juristes, doivent être respectés et aimés pour l’amour de Dieu.

 

Et Dieu sait mieux.

 

Note : Ce texte s’inspire en grande partie d’un article du Mufti Muḥammad ibn Ādam al-Kawtharī, publié sur la page Facebook Jurisprudence Hanafite.

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