La parole d’un compagnon en droit hanafite : est-ce une preuve ?
Question
Est-ce que la parole d’un compagnon (ṣaḥābi) est une source du droit dans l’école hanafite ?
Réponse
Oui, la parole d’un ṣaḥābi est considérée comme une preuve (ḥujjah) dans le droit et les fondements de la jurisprudence (uṣūl al-fiqh).
En résumé :
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Le consensus (ijmāʿ) des compagnons sur un sujet est une preuve (ḥujjah) sans divergence.
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La parole d’un compagnon qui ne provient ni de l’analogie (qiyās) ni d’un effort scientifique personnel est une preuve. Par exemple, Anas ibn Mālik – qu’Allāh l’agréé – rapporte que la durée minimale des règles est de 3 jours et le maximum de 10 jours. Cette information ne peut venir que du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui –, car le compagnon ne la déduirait pas par sa raison personnelle.
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La parole d’un compagnon disant : « Allah a maudit ces personnes… » ou « on nous a interdit de faire ceci ou cela », même sans préciser que cela venait du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui –, est considérée comme venant du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui – (marfūʿ ḥukman), car ce statut ne peut provenir que de lui.
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La parole d’un ṣaḥābi est préférée au raisonnement analogique (qiyās).
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Si les compagnons sont en désaccord sur un sujet, le mujtahid donne son propre avis, sans dépasser les positions des compagnons.
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Wallāhu aʿlam.




