La parole d’un compagnon en droit hanafite : est-ce une preuve ?

Question

Est-ce que la parole d’un compagnon (ṣaḥābi) est une source du droit dans l’école hanafite ?

Réponse

Oui, la parole d’un ṣaḥābi est considérée comme une preuve (ḥujjah) dans le droit et les fondements de la jurisprudence (uṣūl al-fiqh).

En résumé :

      1. Le consensus (ijmāʿ) des compagnons sur un sujet est une preuve (ḥujjah) sans divergence.

      2. La parole d’un compagnon qui ne provient ni de l’analogie (qiyās) ni d’un effort scientifique personnel est une preuve. Par exemple, Anas ibn Mālik – qu’Allāh l’agréé – rapporte que la durée minimale des règles est de 3 jours et le maximum de 10 jours. Cette information ne peut venir que du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui –, car le compagnon ne la déduirait pas par sa raison personnelle.

      3. La parole d’un compagnon disant : « Allah a maudit ces personnes… » ou « on nous a interdit de faire ceci ou cela », même sans préciser que cela venait du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui –, est considérée comme venant du Prophète – la grâce divine et la paix sur lui – (marfūʿ ḥukman), car ce statut ne peut provenir que de lui.

      4. La parole d’un ṣaḥābi est préférée au raisonnement analogique (qiyās).

      5. Si les compagnons sont en désaccord sur un sujet, le mujtahid donne son propre avis, sans dépasser les positions des compagnons.

Wallāhu aʿlam.

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