Question
On sait que le tawassul (la demande d’intercession) est permis selon les quatre écoles juridiques. Cependant, j’ai lu que certains savants hanafites réprouvent une formulation particulière du tawassul, consistant à demander à Allah par le droit d’un prophète, d’un saint ou d’un pieux. Par exemple : « Allahumma as’aluka bi-haqqi nabiyyika ».
Cette position est mentionnée dans al-Ikhtiyār ainsi que chez l’imām al-Haskafi. Sur le site du savant Faraz Rabbani, il est précisé que cette position apparaît dans la plupart des ouvrages de fiqh hanafites. Il ne s’agit pas de contester le tawassul en lui-même, mais uniquement de cette formulation spécifique. J’aimerais savoir si vous avez plus d’informations à ce sujet.
Réponse
En effet, certains fuqahāʾ hanafites, suivant la position d’Abū Ḥanīfa, considèrent qu’une telle formulation est interdite par précaution. Ils nient pas la permission générale du tawassul, mais affirment qu’aucune créature n’a de droit sur le Créateur.
On peut néanmoins donner une intention correcte à ce duʿāʾ, en comprenant que le « droit » désigne en réalité le rang élevé ou le mérite du prophète ou du pieux, qui le rend proche d’Allah.
Cependant, le risque qu’une interprétation interdite ou incorrecte existe conduit ces fuqahāʾ à interdire cette formulation, sans pour autant remettre en question la permission générale du tawassul.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter la Ḥashiya de l’Imām Ibn ʿAbidin.
Wallāhu aʿlam.
— [Ustādh] Mehdi Dari
